1. L’accueil au quotidien : la continuité de la prise en charge de l’enfant au sein du collectif 

Deux professionnels préparent l’arrivée des enfants en mettant à disposition du matériel éducatif qu’ils pourront exploiter à leur gré en début de matinée (encastrements, puzzles, abaques, jeux de construction type lego, livres cartonnés….).  

Chaque matin, l’enfant est accueilli individuellement (on s’adresse à lui en se mettant à sa hauteur) et il réinvestit les lieux à son rythme (dans l’unité d’accueil ou dans le couloir). Le temps de la séparation est verbalisé et ritualisé si besoin (dire au revoir à son parent à la porte ou à travers les baies vitrées pour ne pas subir la séparation mais en être acteur).

Le doudou (quand il existe), objet transitionnel qui sécurise l’enfant, est laissé à disposition. A la demande des parents, il pourra ensuite être déposé dans son casier personnel (création de pochettes à doudous envisagée). Le parent prend le temps de dire au revoir à son enfant mais n’éternise pas la séparation. Plus celle-ci se prolonge, plus elle risque d’être pénible pour l’enfant. Après avoir signifié son départ, le Parent dit « au revoir et à ce soir » à son petit, lui souhaite une bonne journée et quitte la crèche presque simultanément. Ainsi au fil des jours, par répétition, ce « rituel » devient pour l’enfant un repère qu’il intègre et qui le sécurise.

Au cours de ce moment, mais aussi tout au long de sa journée à la crèche, l’enfant est porté dans les bras de l’adulte, s’il en exprime le besoin, le désir. 

L’accueil est aussi le temps des échanges d’informations nécessaires à la prise en charge de l’enfant. En effet, celles-ci permettent d’assurer une continuité et un relai cohérent entre la crèche et la maison. Chaque jour elles sont consignées par le parent sur une feuille de liaison nominative placée dans un classeur (2 classeurs selon tranche d’âge) ; chaque enfant possède son intercalaire pour garantir la confidentialité des informations. Elles sont ainsi exploitées tout au long de la journée par l’ensemble de l’équipe (quid de son sommeil, de sa santé….).  

Le personnel prend en compte les demandes familiales dans la mesure où elles sont conciliables / compatibles avec la vie en collectivité et le bien-être de l'enfant".

L’accueil du matin s’effectue de 7h45 à 9h45. Si, pour des raisons majeures, l’enfant arrive plus tard, c’est le parent qui prend en charge le processus de séparation dans le respect des activités et du déjeuner ou le personnel n’est plus aussi disponible. Il veillera donc à ne pas perturber les animations en cours et à ne pas interrompre le travail des professionnels.

 

2. La collation du matin : une occasion de se retrouver tous ensemble pour démarrer la journée

Chaque jour, vers 9h30, les enfants et les professionnels présents se retrouvent ensemble autour d’une petite collation, composée de fruits frais ou secs. Au préalable, les enfants sont invités à se laver les mains et à s’installer autour des tables. 

Ce temps calme marque le démarrage de la journée à la crèche. Les chansons, comptines et jeux de doigts, répétés chaque jour constituent un rituel que l’enfant retrouve avec plaisir et enthousiasme. Cette répétition sécurise l’enfant, elle l’aide à se situer dans le fil de sa journée.  

C’est aussi le moment où professionnels et enfants sont tous rassemblés et qui permet de faire circuler les informations importantes (ex: accueil d’un nouvel enfant, accueil d’un nouveau stagiaire). 

Après la collation, les enfants sont divisés en petits groupes.

 

3. Changes et soins: intimité respectée et confort 

L’enjeu du change est de répondre à un besoin physique de l’enfant : celui d’être propre, lui procurant ainsi une sensation de bien-être et de confort.  

Pour cela, l’équipe veille à agir dans la douceur, à prévenir, à verbaliser ses gestes auprès de l’enfant, à préserver son intimité en respectant ses craintes, ses envies, ses émotions… Tout ce qu’il exprime avec son corps, ses mots à cet instant.   

De plus, le professionnel considère ce moment comme un temps d’échange individuel privilégié, un instant précieux en collectivité, qu’il tente de préserver au mieux.  

Dans cette idée, l’équipe est d’autant plus attentive à agir avec douceur et respect lors de soins plus particuliers (tels que la prise de température, de médicaments, les soins de nez ou des yeux …) et tente au mieux de dédramatiser ces gestes en y apportant un aspect ludique. Le multi-accueil est avant tout un lieu de vie et d'éveil, les soins médicamenteux autres que ceux établis dans le protocole validé par le médecin référent (soin contre la fièvre) doivent rester exceptionnels.

Plus grand, l’enfant est, petit à petit, encouragé à s’habiller, se déshabiller seul ou avec l’aide de l’adulte. En imitant ses pairs, il développe ses habilités, son autonomie dans le plaisir de faire seul. Les vêtements faciles à enlever sont donc à privilégier. 

Enfin, lorsque l’enfant en exprime le désir, et seulement à cette condition, le professionnel, en accord avec les parents, peut lui proposer le pot. 

L’acquisition de la propreté est une étape sensible qui réclame l’adhésion de l’enfant. Elle nécessite une grande souplesse et un dialogue régulier avec la famille. (ainsi, ce que l’enfant fait à la maison, il ne le fera pas toujours à la crèche et inversement…) 

 

4. Les activités dirigées et libres : le jeu et le plaisir avant tout 

En ce qui concerne les activités dites « dirigées » (avec consignes), l’Adulte propose, l’Enfant dispose. C’est toujours le plaisir de faire qui prime.  

LLes activités dirigées sont proposées au quotidien soit après avoir été pensées par l’équipe à l’occasion d’un évènement (ex : temps fort petite enfance organisé par la Commune) et à partir de thématiques (les sens, le corps, la nature, les animaux, les vacances, les ombres, la récupération/le recyclage…..), soit mises en place de manière spontanée selon les besoins des enfants. Les activités sont présentées sous forme d’ateliers propres à développer des aptitudes motrices, sensorielles et cognitives et à favoriser l’expression (créativité « artistique » ou langage).

Une ou deux activités sont ainsi proposées chaque matin en petits groupes. Ce ou ces ateliers sont pris en charge par les Professionnels. Outre le Plaisir qu’ils procurent et le développement de certaines habiletés, ils permettent aux enfants d’apprendre à travailler en groupe et à respecter de petites consignes.

Si les « activités dirigées aident l’enfant à mettre de l’ordre et à mieux structurer ses connaissances », elles ne doivent pas pour autant envahir toute la vie de la structure. Il faut laisser une certaine souplesse dans la prise en charge éducative et accepter que des enfants n’aient pas envie de participer à un atelier. Un enfant qui ne produit pas une réalisation concrète n’est pas un enfant passif, car jouer à la poupée, au ballon, dans le bac à sable est tout aussi enrichissant pour lui.

En explorant librement son environnement (l’espace, le matériel, les personnes), en se risquant («vivre, c’est se risquer»), l’Enfant développe ses facultés créatives, son imaginaire. Il y vit ses propres expériences, dans la mesure où l’adulte n’intervient pas systématiquement pour interrompre ses expérimentations individuelles ou communautaires. Le professionnel peut alors se faire discret et observer les interactions et les comportements de chacun, nécessaire à sa connaissance du jeune enfant et donc à sa pratique.

 

5. Les repas : Un moment de partage et d’échanges

Le repas, toujours précédé des rituels du lavage des mains et des chants/comptines, est un moment d’échanges privilégié, riche en interactions. Il débute vers 11h30 (parfois plus tôt pour les nourrissons). Les plus petits sont pris en charge individuellement par un professionnel, à l’écart du bruit et des mouvements; le biberon est donné dans les bras pour répondre au besoin de maternage du tout petit ; les enfants en âge de diversification alimentaire prennent leur repas dans un transat ou une chaise haute. Les repas sont préparés par le service de restauration collective situé à proximité selon un cahier des charges rigoureux privilégiant les produits biologiques. Les menus sont soumis à une diététicienne afin qu’ils soient équilibrés et variés. Les familles peuvent retrouver les menus affichés dans la structure et publiés sur le site Internet afin d’harmoniser l’alimentation de leur enfant sur la journée.

Pour les enfants plus grands, vers 16-18 mois, et selon les effectifs, il s’organise en 1 ou 2 services avec plusieurs «tablées» placées à proximité immédiate de la cuisine. 4 enfants en moyenne accompagnés d’un professionnel sont réunis autour d’une table et prennent leur repas ensemble. Parallèlement, une personne de l’équipe prend en charge la préparation des repas livrés par la cuisine centrale (restauration collective) et assure le service. Cela permet aux professionnels encadrant le repas de rester assis et d’être complètement disponibles pour les enfants. 

La constitution de petites tablées permet au professionnel de gérer son groupe et de maintenir une ambiance aussi calme que possible. C’est l’occasion d’échanges autour du menu ou de la journée et de découvertes sensorielles (saveurs, couleurs, odeurs, textures). Nous laissons ainsi l’enfant faire ses expériences tactiles en mangeant avec ses mains. Ce n’est que très progressivement que nous l’amenons à utiliser ses couverts.  

Les plats sont apportés à table directement et nous encourageons les enfants à se servir seul selon leurs envies et appétits (dans des quantités raisonnables). Nous les invitons à goûter mais en cas de refus, nous n’exerçons pas de forcing. Pour l’encourager à goûter et à manger, nous avons recours au compromis ou à des pratiques ludiques et veillons à ne pas tomber dans le chantage. Ce qui signifie entre autre que l’enfant n’est pas privé d’une partie de son repas sous prétexte qu’il en a refusé une autre. Sauf exception liée à l’état de santé de l’enfant, le refus d'un aliment ne sera pas compensé par un autre. 

Le temps des repas c’est aussi un moment favorable à la socialisation et à l’apprentissage de la vie en groupe ; peu à peu, grâce à l’instauration d’un cadre stable, de règles explicitées, de régularité des conduites, l’enfant apprend à patienter, à rester assis, à ne pas jeter sa nourriture. Par ailleurs, nous l’amenons à découvrir, à respecter les pratiques culturelles et alimentaires de chacun (repas sans porc par croyance religieuse / repas spécifique en raison d’une allergie) en fournissant une explication simple à la portée de tous.  

En fin de repas, les enfants sont invités à se laver les mains l’un après l’autre. Un temps de jeux libre est proposé en attendant de préparer chaque enfant à la sieste. 

 

6. La sieste pour récupérer et lâcher prise

Le sommeil est important et primordial pour le développement et le bien-être de l’enfant. Il permet à l’enfant de recharger ses batteries, de récupérer physiquement et nerveusement.

Consciente que la sieste influence la qualité de la période d’éveil de l’enfant,  l’équipe accorde beaucoup d’importance à son besoin de sommeil, à son rythme et à ses 1ers signes de fatigue (bâillements, agitation, apathie…).

Pour prendre en compte les besoins de repos de l’enfant et connaître ses habitudes d’endormissement, la communication régulière avec les parents est primordiale. Elle s’opère à travers les échanges formels ou informels. Les informations sont par ailleurs consignées au  quotidien sur une feuille de liaison et transmise ainsi à l’ensemble de l’équipe pour adapter la prise en charge de l’enfant sur ce plan. 

Le temps de la sieste est ritualisé. Les enfants sont préparés à tour de rôle. Les plus jeunes, moins autonomes, sont déshabillés, changés et mis en pyjama sur la table de change. Le professionnel en profite pour le préparer psychologiquement  à aller se coucher en verbalisant positivement ce temps (plaisir et non contrainte ou punition).

Les enfants plus autonomes participent à leur déshabillage (à cette fin, leur casier personnel est accessible) et vont de manière libre et autonome aux toilettes. Chaque enfant est ensuite invité à récupérer son doudou et/ou sa tétine et à rejoindre les dortoirs.

Chaque enfant est ensuite invité à récupérer son doudou et/ou sa tétine et à rejoindre les dortoirs à l’étage.  

La crèche dispose de 3 dortoirs distincts spécifiques à la sieste des bébés (2 à 12 mois en moyenne ; ce dortoir est mitoyen de l’unité des petits), des moyens (12 à 24 mois) et des plus grands (+ 2 ans). Une chambre d’appoint supplémentaire disposant de 2 lits est située par ailleurs dans l’unité 2.

Afin d’aménager un univers personnel sécurisant, chaque enfant a son propre lit, sa turbulette personnelle et son  tour de lit. Toutefois, il arrive qu’un lit soit partagé dans la semaine: c’est le cas lorsqu’un enfant est absent le mercredi. Le lit sera alors utilisé, de manière régulière, par un autre enfant présent ce jour-là. Dans certaines situations, il arrive qu'un enfant soit couché ailleurs que dans son lit (lit dans un autre dortoir, tapis, poussette). L'idée étant de répondre  en priorité à son besoin de sommeil et/ou de préserver le sommeil des autres enfants qui dorment déjà.

Dans le dortoir des plus grands, un professionnel reste présent pour assurer l’endormissement et surveiller le groupe durant la sieste. Il s’éclipse lorsqu’il ne reste que 1 ou 2 enfant(s); l’utilisation d’un baby phone permet une surveillance à distance.

Les enfants plus jeunes, couchés dans des lits à barreaux, sont levés de manière progressive en fonction des réveils*; Ils réinvestissent l’espace de vie à leur rythme et peuvent s’ils le souhaitent se rallonger sur le tapis ou flâner quelque temps avant d’être changés et rhabillés.

En situation de refus de sieste, celle-ci peut être re-proposée à un autre moment. Un temps de repos peut aussi être aménagé.

* sauf contrainte exceptionnelle, l’équipe éducative n’est pas favorable à l’interruption systématique et volontaire du sommeil de l’enfant qu’elle considère comme une violence ; si l’enfant tarde à se réveiller nous ouvrons la porte de sorte que les bruits l’amènent à se réveiller progressivement.

 

7. Le goûter : un rituel qui annonce la fin de journée

Le goûter débute vers 15h30/15h45  (les biberons étant donnés à la demande le goûter peut commencer plus tôt pour les nourrissons).

Pour les enfants de moins de 18 mois, il se fait dans les mêmes conditions que le repas du midi.

Pour les plus grands, le goûter, composé d’un laitage, d’un fruit ou d’une compote et de pain, est rarement pris avant 16h30. Il est toujours précédé d’un lavage des mains et d’un temps chanté.

Nous adaptons les modalités du goûter en fonction des besoins et des réveils. Il peut y avoir un seul service (si tous les enfants sont réveillés) ou deux (s’il y a des réveils échelonnés et tardifs).

Une fois celui-ci terminé et les mains lavées, les enfants sont prêts à vivre la dernière partie de la journée à la crèche autour de jeux libres, d’histoires et d’ateliers sensoriels ou créatifs qui favorisent l’expression et apaisent les tensions à l’heure où,  les 1ers départs d’enfants ayant lieu, surgissent les angoisses de fin de journée pour les copains et copines qui attendent eux-aussi leurs Parents. 

 

8. L’arrivée du parent 

Chaque soir, l’enfant retrouve son parent. C’est le moment des retrouvailles, souvent riches en émotions pour chacun d’eux. Ces émotions peuvent se traduire de différentes façons (dépassements des interdits, demande d’attention exclusive…).

Le professionnel est alors présent pour passer le relais en douceur au parent. Il est disponible pour lui transmettre les informations concernant la journée de son enfant et échanger davantage si besoin. 

 

9. Le départ de la crèche

Pour le départ définitif de la crèche, les parents doivent donner un préavis de 2 mois. L’équipe est informée de ce départ et préparent avec l’enfant cette séparation. Si elle le souhaite, la famille peut organiser un goûter pour concrétiser ce départ.

L’équipe remet systématiquement à tout enfant, un objet venant matérialiser son passage dans le structure (ex: petit album avec les photos et/ou les empreintes des copains).